Enquêtes Artistiques 10# : Le Nouveau-Né, Georges de La Tour

Le Nouveau-Né, Georges de La Tour, huile sur toile, 76 × 91 cm, 1648,
Musée des beaux-arts de Rennes

« Tout ce que la physiologie peut dire sur les commencements de l’homme est là ! Rien ne peut exprimer ce profond sommeil absorbant,
comme celui dont il dormait, le pauvret, huit jours auparavant dans le ventre de sa mère (…).
Le petit corps est collé et serré dans ses larges blancs raides comme dans une gaine de momie.
Impossible de rendre mieux la profonde torpeur primitive, l’âme encore ensevelie. (…) Le petit nez retroussé, petite boule de chair, rouge de l’afflux du sang, la peau si mince qu’elle semble absente. Le front absolument lisse, sans l’apparence d’un pli ou d’une ride, gras, luisant, bombé, (…) . La minceur de la fente légèrement obscure qui marque la fermeture des paupières ; les cils blonds sont imperceptibles et à peine nés. »

Hipolyte Taine, à propos de l’oeuvre, dans Carnets de Voyage, 1897

Bibliographie indicative :
­- Georges de La Tour, sous la direction de Landry P., catalogue de l’exposition Paris Orangerie des Tuileries, Editions des Musées Nationaux, Paris, 1972
­- Georges de La Tour, Thuillier J., Flammarion, Paris, 1992
­- Georges de La Tour, Reinbold A., Fayard, Paris, 1997
­- Le Petit Livre des couleurs, « Le Rouge » p.32­41, Pastoureau M. et Simmonet D., Editions du Panama, 2005