Rappelle moi le génocide se concentre cette année sur les faits génocidaires commis à Srebrenica, entre le 11 juillet et le 22 juillet 1995. Fidèle à l’esprit initial de cette série de lives et articles commencée en 2021, cet article est un résumé écrit du live du dimanche 15 juillet 2025.
Dans ce premier épisode, il s’agit de présenter une synthèse de la vaste histoire complexe des Balkans, précisément de l’ex-Yougoslavie et de la Bosnie-Herzégovine.
La Yougoslavie est un État d’Europe du Sud-est existant sous différentes formes et noms entre 1918 et 2006.
Jusqu’en 1992, la Yougoslavie regroupait les pays actuels de Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie, Macédoine du Nord et Kosovo.
Durant la Guerre Froide, la Yougoslavie en rupture avec l’URSS, adopte une politique de neutralité et appartient au mouvement des non-alignés.
Au cours du XXe siècle, cet État connait trois entités politiques, permettant de mieux comprendre son histoire :
– la « première Yougoslavie » est une monarchie entre 1918 et 1941, jusqu’à l’invasion sur le territoire par les troupes de l’Axe (Allemagne nazie et ses alliés, Italie et Japon durant la Seconde Guerre Mondiale) le 6 avril 1941.
– la République fédérale socialiste de Yougoslavie est une république fédérale à parti unique communiste, fondée le 29 novembre 1941 et dure jusqu’à son éclatement en 1992 : quatre de ses républiques font sécession dont la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine du Nord.
– la République fédérale de Yougoslavie (1992-2003) s’étend sur le territoire de la Serbie et du Monténégro. Marquée par une série de guerres civiles opposant le pouvoir central aux différentes entités ex-yougoslaves ayant proclamé leur indépendance, cette période marque sa dissolution.
Façonnée par une grande diversité culturelle liée aux langues et religions (chrétiens orthodoxes, catholiques et musulmans), l’ex-Yougoslavie est cependant sensible à des troubles entre communautés, propices au nationalisme et à des atrocités.
Un des faits les plus marquants reste les massacres de Vukovar et de Srebrenica, dont ce dernier qualifié de génocide, en Bosnie-Herzégovine, dans une zone pourtant déclarée protégée par l’ONU, objet de la série Rappelle moi le génocide de cette année.

La Bosnie-Herzégovine est un État d’Europe du Sud, de la région des Balkans. Ses frontières sont partagées avec la Croatie au Nord, Ouest et Sud ; la Serbie est à l’Est ainsi que le Monténégro est au Sud. C’est une République fédérale séculière composée de deux entités constitutives, à savoir la fédération de Bosnie et Herzégovine et la république serbe de Bosnie.
Trois principales communautés parlant la même langue, le chtokavien, se retrouvent en Bosnie-Herzégovine : les Bosniaques, les Croates de Bosnie-Herzégovine, les Serbes de Bosnie et les Monténégrins (minorité).
Les religions sont variées : musulmane sunnite pour les Bosniaques, chrétienne catholique pour les Croates de Bosnie et chrétienne orthodoxe pour les Serbes.
En 1991, la Bosnie-Herzégovine était constituée de 4,3 millions d’habitants (estimation) dont :
43,3 % de Bosniaques de religion musulmane,
31,4% de Serbes orthodoxes,
17,3% de Croates catholiques,
5,5% de Yougoslaves (s’identifiant comme tels)
2,1% de nationalités diverses.
Les Balkans ont eu différents empires qui se sont succédés sur leurs sols dont le vaste Empire ottoman (islamisation) jusqu’au XIVe siècle pour la Serbie, Bosnie et Croatie. Puis la Croatie et Bosnie se retrouvent comprises dans l’empire austro-hongrois (Chrétiens orthodoxes de Bosnie se déclarent Serbes, catholiques se déclarent Croates) au XIXe siècle. C’est à cette période que les aspirations nationalistes et territoriales de la Serbie et de la Croatie envers la Bosnie émergent, notamment avec l’idéologie naissante d’une « grande Serbie » en 1844, reprise durant la Seconde Guerre Mondiale et ensuite.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, toute la Yougoslavie, dont le gouvernement s’est enfui à l’étranger, Bosnie comprise, est occupée par le IIIe Reich. Une partie de la Bosnie appartient à l’état indépendant de Croatie, état fantoche allié de l’Allemagne nazie se livrant à des atrocités envers la population juive et serbe en grande majorité. Les Tchetniks, forces nationalistes de la monarchie serbe, ont perpétré des massacres à l’encontre de la population musulmane à l’Est de la Bosnie et dans la région du Sandzak.
Le régime porté par le maréchal Tito est axé sur un étouffement des rivalités nationales et conflits internes. À sa mort en 1980, associé à la chute du communisme, le nationalisme reprend ses aises ainsi que les troubles entre communautés, objet de notre prochain épisode.

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